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26/02/2006

Otium cum dignitate

« [...] fanatiques, solitaires, avides de pouvoir, c'est-à-dire, selon la tradition, d'oisiveté. » (Prince de Lampedusa)

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« Le dandysme, c'est la rigueur, l'ascèse, et le désir d'être, en toutes circonstances, sublime, c'est-à-dire supérieur aussi bien à la tentation du désespoir qu'à celle du conformisme social. » (Matzneff)

25/02/2006

Sero sapiunt

« Le seul sacrement devant lequel le dandy s'incline est le suicide. » (Jaccard)

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« Si les religions nous ont défendu de mourir par nous-mêmes, c'est qu'elles y voyaient un exemple d'insoumission qui humiliait les temples et les dieux. Tel concile d'Orléans considérait le suicide comme un péché plus grave que le crime, parce que le meurtrier peut toujours se repentir, se sauver, tandis que celui qui s'est ôté la vie a franchi les limites du salut. Mais l'acte de se tuer ne part-il pas d'une forme radicale de salut ? [...] Les sages antiques, qui se donnaient la mort comme preuve de leur maturité, avait créé une discipline du suicide que les modernes ont désapprise. Voué à une agonie sans génie, nous ne sommes ni auteurs de nos extrémités ni arbitre de nos adieux ; la fin n'est plus notre fin : l'excellence d'une initiative unique (par laquelle nous rachèterions une vie insipide et sans talent) nous fait défaut, comme nous fait défaut le cynisme sublime, le faste ancien d'un art de périr. » (Cioran)




24/02/2006

Sine onere

« Si l'on ne croit pas à la liberté d'expression pour les gens qu'on méprise, on n'y croit pas du tout. » (Chomsky)

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« A vingt ans on fulmine contre les cieux et l'ordure qu'ils couvrent ; puis on s'en lasse. La pose tragique ne sied qu'à une puberté prolongée et ridicule ; mais il faut mille épreuves pour en arriver à l'histrionisme du détachement. » (Cioran)





20/02/2006

Transigere est alienare

« Le théâtre n'est fait que pour être vu. » (Molière)

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Il n'y a pas de néant pour Nietzsche. Il y n'a que cette conscience qui prend les reflets pour le soleil, qui hallucine le néant. La conscience, non l'âme qui est comme mélodie du corps. Car la conscience, Nietzsche la remet à sa place, c'est-à-dire la définit comme la manifestation de la limite entre un corps et ce qui lui est extérieur.

Il n'y a pas de néant pour Nietzsche, il y a le chaos, à la fois créateur et destructeur. Son oui est affirmation des gouffres, de l'absurde et de la joie. Le tragique de l'existence n'est donc en aucun cas corrélatif de la mort. Contrairement aux Stoïciens pour qui le rôle qu'ils jouent dans la pièce leur vient de l'extérieur, ici, le sens doit être créé ; c'est dans la vie qu'il se donne, ce n'est pas par la mort qu'il advient.

Le néant n'est pas même ombre puisqu'il n'est rien, c'est-à-dire ne tire son prestige que du langage. Les ombres, ce sont les fantômes d'une conscience faible ou affolée.

C'est la singularité d'une vie qui lui donne son éclat, c'est-à-dire l'éternité de son essence qui est sans rapport au temps, ni donc à la mort.