13.01.2012
Aetas Rationis
"Seven years later, a thunderbolt descended on Frege from a clear sky." (Michael Dummett)

« Sans elle, on ne peut certainement pas traiter la philosophie selon la méthode démonstrative ; l’art d’inventer y prend d’ailleurs ses principes. » (Christian Wolff)
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25.12.2011
Apricity
« La divisibilité à l'infini signifie en un certain sens que l'espace est indivisible, qu'une division ne le concerne pas. » (Wittgenstein)

« Si cependant l’on demande pourquoi nous inclinons ainsi par nature à diviser la quantité ? je réponds que la quantité est conçue par nous en deux manières : savoir abstraitement, c’est-à-dire superficiellement, telle qu’on se la représente par l’imagination, ou comme une substance, ce qui n’est possible qu’à l’entendement. Si donc nous avons égard à la quantité telle qu’elle est dans l’imagination, ce qui est le cas ordinaire et le plus facile, nous la trouverons finie, divisible et composée de parties ; si, au contraire, nous la considérons telle qu’elle est dans l’entendement et la concevons en tant que substance, ce qui est très difficile, alors, ainsi que nous l’avons assez démontré, nous la trouverons infinie, unique et indivisible. Cela sera assez manifeste à tous ceux qui auront su distinguer entre l’imagination et l’entendement. » (Spinoza)
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12.10.2011
Camera obscura
Guillaume Orignac, David Fincher ou l'heure numérique, Capricci
Deux lectures de cet ouvrage :
Ruines Circulaires - Que peut-il rester de vivant en nous ?
La Page de Pierre Cormary - Fincher et les signes
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11.09.2011
Reductio
« Lorsque Quine dit que quelqu’un qui affirme qu’une contradiction peut être vraie ne sait tout simplement pas de quoi il parle, on se trouve dans une situation exactement analogue à celle où un physicien newtonien dit que quelqu’un qui affirme que le temps est susceptible de s’écouler à différentes vitesses dans des référentiels différents ne sait tout simplement pas de quoi il parle. » (Graham Priest)

« La logique est parfois conçue comme métaphysiquement neutre, de telle sorte que rien de controversé en métaphysique n'est logiquement valide. Cette conception détruit la logique. La quasi-totalité des principes putatifs de la logique ont été contesté sur des bases métaphysiques. Selon certains, les futurs contingents violent la loi du tiers-exclu ; selon d'autres, l'ensemble de tous les ensembles qui ne sont pas membres d'eux-mêmes rend vraie une contradiction. Même le principe structurel selon lequel enchaîner ensemble des arguments valides mène à un argument valide a été rejeté en réponse aux paradoxes sorites. Dans chaque cas, une métaphysique déviante correspond à la logique déviante. Bien entendu, si l'on tente de persuader les métaphysiciens déviants de leur erreur, on a peu de chances d'aller bien loin en s'appuyant sur des principes qu'ils rejettent. Mais cette exigence dialectique évidente ne délimite de manière stable aucun domaine de la logique. Chaque principe logique possède une force persuasive dans certains contextes dialectiques et pas dans d'autres. Il vaut mieux admettre que la logique a des implications métaphysiques controversées, et les adopter — si on les connaît. La logique et la métaphysique ne sont pas mutuellement exclusives. Elles se superposent dans la logique et la métaphysique de l'existence, l'identité et la possibilité, par exemple. L'exploration (mais non la conquête totale) de ce domaine fut l'une des grandes réussites du vingtième siècle. » (Timothy Williamson)
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06.08.2011
Lost in translation
"The method of 'postulating' what we want has many advantages; they are the same as the advantages of theft over honest toil." (B. Russell)

« [L]e réel […] n’est rencontré que sous l’impératif axiomatique » (A. Badiou)
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29.07.2011
Consequentia mirabilis
22:00 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
27.07.2011
Rigmarole
« Socrate dit — et ce furent là les derniers mots qu’il prononça : "[...] Payez cette dette, ne soyez pas négligents." » (Platon, Phédon)
« [C]'est tout comme si je m'engageais à acquitter la dette publique ; ce serait une folie, une folie sans nom. » (Thackeray, La Foire aux Vanités)
*
Dépenses de Bush vs celles d'Obama
Evolution de la dette publique US
Détenteurs de ladite dette (à ce jour, + de 14 Trillions de dollars)
21:00 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
10.06.2011
Collapse VII

Le septième volume de Collapse est sous presse. On peut en lire l’introduction par Robin Mackay et Reza Negarestani ici.
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14.04.2011
Erga omnes
« Nous demandons la question fondamentale de la métaphysique : "Pourquoi y a-t-il l'étant et non pas plutôt rien ?" Dans cette question fondamentale s'annonce déjà la pré-question : "Qu'en est-il de l'être ?" » (Heidegger, Sur la grammaire et l'étymologie du mot « être »)
« Dans la langue ewe (parlée au Togo), on a cinq verbes distincts pour correspondre approximativement aux fonctions de notre verbe "être". Il ne s'agit pas d'un partage d'une même aire sémantique en cinq portions, mais d'une distribution qui entraîne un aménagement différent, et jusque dans les notions voisines. Par exemple, les deux notions d' " être" et d' "avoir" sont pour nous aussi distinctes que les termes qui les énoncent. Or, en ewe, un des verbes cités, le, verbe d'existence, joint à asi, "dans la main", forme une locution le asi, littéralement "être dans la main", qui est l'équivalent le plus usuel de notre "avoir" : ga le asi-nye (litt. "argent est dans ma main"), " j'ai de l'argent".
Cette description de l'état des choses en ewe comporte une part d'artifice. Elle est faite au point de vue de notre langue, et non, comme il se devrait, dans les cadres de la langue même. A l'intérieur de la morphologie ou de la syntaxe ewe, rien ne rapproche ces cinq verbes entre eux. C'est par rapport à nos propres usages linguistiques que nous leur découvrons quelque chose de commun. Mais là est justement l'avantage de cette comparaison " égocentriste" ; elle nous éclaire sur nous-mêmes ; elle nous montre dans cette variété d'emplois de "être" en grec un fait propre aux langues indo-européennes, nullement une situation universelle ni une condition nécessaire. Assurément, les penseurs grecs ont à leur tour agi sur la langue, enrichi les significations, créé de nouvelles formes. C'est bien d'une réflexion philosophique sur l' "être" qu'est issu le substantif abstrait dérivé de εἶναι (être, en grec) […] Tout ce qu'on veut montrer ici est que la structure linguistique du grec prédisposait la notion d' "être" à une vocation philosophique. À l'opposé, la langue ewe ne nous offre qu'une notion étroite, des emplois particularisés. Nous ne saurions dire quelle place tient l' "être" dans la métaphysique ewe, mais a priori la notion doit s'articuler tout autrement. » (Benveniste, Problèmes de linguistique générale)
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25.02.2011
De Fato
« Il est démontré, disait-il, que les choses ne peuvent être autrement » (Voltaire)
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« Nous croyons conduire le destin, mais c'est toujours lui qui nous mène. » (Diderot)
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« [L]e possible est une idée imaginaire et illusoire. » (Rosset)
Il sera incidemment une fois encore question ici de la célèbre bataille navale de Diodore Kronos et d'Aristote, et donc du paradoxe dit des futurs contingents, paradigme d'un problème classique de la philosophia perennis qui combine et articule nombre de concepts fondamentaux (la vérité, le temps, les catégories modales, etc.)
Nous proposons en effet ci-dessous notre traduction de Fatalism, un article de Richard Taylor paru en 1962 dans The Philosophical Review (Vol. 71, No. 1). On y verra notamment comment on peut être conduit à envisager la mise en question rationnelle du principe du tiers exclu pour tenter de se soustraire au fatalisme.
Remarquons que c'est ce texte de Richard Taylor que critique David Foster Wallace dans sa philosophy senior thesis (ce qui, pour la France, correspondrait grosso modo au mémoire de maîtrise de philosophie d'avant la réforme LMD) qui a pour titre Richard Taylor's "Fatalism" and the Semantics of Physical Modality, et qui fut soutenue à Amherst College (Massachusetts). Ce travail de David Foster Wallace a récemment été publié et contextualisé sous le titre de Fate, Time, and Language: An Essay on Free Will (Columbia University Press).
Notons encore que si David Foster Wallace conclut son essai en mettant Richard Taylor au défi de « faire de la métaphysique, non de la sémantique », on verra à la lecture de ce texte de Taylor que Wallace, s'il n'a pas fondamentalement tort, est, concernant cette question, sans doute un peu trop sévère ; à ce propos, il conviendra de consulter aussi un autre article de Taylor, paru en 1957 dans The Philosophical Review, et intitulé The Problem of Future Contingencies, qui se concentre, quant à lui, sur l'interprétation aristotélicienne — un article dont, d'ailleurs, nous présenterons peut-être ultérieurement ici la traduction.
*
LE FATALISME
par Richard Taylor
Un fataliste — si quelqu'un de tel existe — pense que le futur ne peut pas être changé. Il pense qu'il ne lui appartient pas de choisir ce qui arrivera l'année prochaine, demain, ou l'instant juste à venir. Il pense que même son propre comportement n'est pas le moins du monde en son pouvoir, pas plus que ne le sont les mouvements des corps célestes, les événements de l'histoire lointaine, ou les développements politiques en Chine. En conséquence, il serait pour lui absurde de délibérer à propos de ce qu'il va faire, car un homme ne délibère qu’au sujet de choses qu'il croit être en son pouvoir de faire et d'anticiper, ou d'affecter par ses actions et ses anticipations.
En résumé, un fataliste considère le futur de la manière dont nous considérons tous le passé. Car nous croyons tous qu'il ne nous appartient pas de choisir ce qui s'est passé l'année dernière, hier, ou même il y a un instant, que ces choses ne sont pas en notre pouvoir, pas plus que ne le sont les mouvements des astres, les événements de l'histoire lointaine ou de Chine. Et, en fait, nous ne sommes jamais tentés de nous mettre à délibérer à propos de ce que nous avons fait ou n'avons pas fait. Au mieux, nous pouvons spéculer au sujet de ces choses, nous en réjouir ou nous en repentir, en tirer des conclusions, ou peut-être — si nous ne sommes pas fatalistes à propos du futur — en extraire des leçons et des préceptes à appliquer dorénavant. Quant à ce qui, en fait, s'est passé, nous devons simplement le considérer comme donné ; les possibilités d'action, s'il y en a, ne se trouvent pas là. En effet, nous pouvons dire que certaines de ces choses passées furent un jour en notre pouvoir, lorsqu'elles étaient encore futures — mais ceci est l'expression de notre attitude envers le futur, non le passé.
Il y a diverses manières dont un homme pourrait en venir à penser de cette façon fataliste quant au futur, mais elles auraient de grandes chances d'être la conséquence d'idées dérivées de la théologie ou de la physique. Ainsi, si Dieu est vraiment omniscient et omnipotent, on pourrait alors supposer qu'il a peut-être déjà fait en sorte que tout arrive de la manière même dont tout va arriver, et qu'il n'y a rien que vous ou moi ne puissions y faire. Ou, sans parler de Dieu, on pourrait supposer que tout arrive selon des lois invariables, que, quoi qu'il arrive dans le monde à un quelconque instant futur, ce qui arrive est la seule chose qui puisse arriver à cet instant-ci, étant donné que certaines autres choses arrivaient juste avant, et que celles-ci, à leur tour, sont les seules choses qui puissent arriver à cet instant-là, étant donné l'état total du monde juste auparavant, et ainsi de suite, de sorte que, encore une fois, nous ne pouvons rien y faire. Il est vrai que ce que nous faisons pendant ce temps sera un facteur pour déterminer comment certaines choses se produiront finalement — mais ces choses que nous allons faire seront peut-être seulement les conséquences causales de ce qui aura lieu juste avant que nous les fassions, et ainsi de suite en revenant jusqu'à un point peu éloigné où il semble évident que nous n'avons rien à voir avec ce qui arrive alors. De nombreux philosophes, en particulier aux dix-septième et dix-huitième siècles, ont trouvé ce raisonnement très convaincant.
Je désire montrer que certains présupposés presqu'universellement présents dans la philosophie contemporaine conduisent à une démonstration de la vérité du fatalisme, sans aucun recours à la théologie ou à la physique [...]
L'intégralité, ici, en .pdf.
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20.02.2011
Esto quod esse videris
« Notre tâche d'homme est de trouver les quelques formules qui apaiseront l'angoisse infinie des âmes libres. » (Albert Camus)
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« Solipsism binds us together » (David Foster Wallace)

Ici, l'émission radiophonique de la BBC du 6 février dernier (qui, au moment où j'écris ces lignes n'est toujours pas disponible sur le site officiel) par Geoff Ward et consacrée à l'écrivain américain David Foster Wallace, auteur en particulier du monumental Infinite Jest et de l'inachevé (mais à paraître le 15 avril prochain) The Pale King, décédé à 46 ans le 12 septembre 2008 à Claremont (Californie).
01:31 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
31.01.2011
Sic et Non
« Du point de vue logique, le principe de contradiction n'a pas de valeur car, exigeant une preuve, il ne se laisse pas prouver matériellement. En contrepartie, il possède une valeur pratique et éthique considérable, dans la mesure où il constitue l'unique arme contre l'erreur et le mensonge. Aussi, nous sommes obligés de l'admettre. » (Łukasiewicz)

« Les gens se fâchent lorsque j’émets en même temps deux jugements contradictoires. Ils exigent que je renonce à l’un d’eux ou que, tout au moins par convenance, je ne les exprime pas au même instant. Mais entre eux et moi il n’y a que cette différence, que je parle ouvertement de mes contradictions, tandis qu’ils préfèrent les cacher à eux-mêmes, et lorsque les autres aperçoivent leurs fautes et les leur indiquent, ils font mine de ne rien voir. Il leur semble que les contradictions sont les "pudenda" de l’esprit humain, de même que certains organes sont les "pudenda" du corps. Ainsi les exigences de la logique ont finalement pour source première un vieux préjugé humain. » (Chestov)

« Rappelez-vous tout simplement qu'entre les hommes il n'existe que deux relations : la logique ou la guerre. Demandez toujours des preuves, la preuve est la politesse élémentaire qu’on se doit. Si l’on refuse, souvenez-vous que vous êtes attaqué et qu’on va vous faire obéir par tous les moyens. » (Valéry)
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25.01.2011
Δαίμων
« La vraie libération de l’esprit ne peut venir d’aucune armée, si nombreuse et si combative soit-elle. L’individu doit y atteindre par lui-même et pour lui-même, au terme d’un combat solitaire. Et contre qui a-t-il à livrer ce combat ? Contre lui-même, ou plutôt contre ce qui en lui s’oppose à cette libération. » (Weininger)

« Comme les puissances ne se contentent pas d’être extérieures, mais aussi passent en chacun de nous, c’est chacun de nous qui se trouve sans cesse en pourparlers et en guérilla avec lui-même, grâce à la philosophie. » (Deleuze)
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19.01.2011
Undique
« Pour les éveillés, il y a un monde un et commun, tandis que parmi ceux qui dorment, chacun s’en détourne vers le sien propre. » (Héraclite)

07:57 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
13.01.2011
...rechts zwei ungeheure beeiste Zacken...
« [E]t à cet instant précis je sentis un brusque chevauchement dans la texture du temps, comme si cela s'était produit dans le passé ou se reproduirait dans l'avenir. » (Nabokov)

« Il n'y a donc pas à compter sur le néant pour en finir, car, quand on est entré dans l'existence, on est entré dans une situation qui a pour caractère essentiel qu'avec elle on n'en finit pas. » (Blanchot)
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21.12.2010
Mente captus
« Quel privilège particulier possède cette petite partie du cerveau que nous appelons pensée pour que nous en fassions ainsi le modèle de l'univers entier ? » (Hume)
« S’il est une logique non paranoïaque, c’est celle qui se pense comme n’affectant que l’ordre des pensées » (Rosset)
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05.12.2010
Antiplatonismus
« Parce qu’ils auront foi dans l’écriture, c’est par le dehors, par des empreintes étrangères, et non plus du dedans et du fond d’eux-mêmes, que les hommes chercheront à se ressouvenir. » (Platon, Phèdre)
« Parler, c’est sale, écrire, c’est propre. » (Deleuze, Abécédaire)
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21.10.2010
Ne viator aberret
« — [J]e n'ai pas l'impression d'être éternel, dit-il, la voix mal assurée.
— L'important [...] est de l'avoir été pendant quelques jours. » (Jean-Louis Curtis)

Nous proposons ci-après notre traduction de Time and Physical Geometry. Ce texte de Hilary Putnam est paru dans The Journal of Philosophy, Vol. 64, No. 8, en avril 1967. L'auteur estime y démontrer que « les énoncés contingents au sujet des événements futurs ont déjà une valeur de vérité », et en vient à conclure que « le problème de la réalité et du caractère déterminé des événements futurs est désormais résolu [...] par la physique et non par la philosophie. »
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Le Temps et la Géométrie Physique
Par Hilary Putnam
Je pense que si nous tentions d’énoncer l’opinion de « l’homme de la rue » sur la nature du temps, nous découvririons que le principe majeur à la racine de ses convictions en la matière pourrait être exprimé comme suit :
(1) Toutes les choses (et seulement elles) qui existent maintenant sont réelles.
Les choses futures (qui n’existent pas encore) ne sont pas réelles (selon ce point de vue) ; même si elles seront bien entendu réelles lorsque le temps approprié sera devenu le temps présent. De manière similaire, les choses passées (qui ont cessé d’exister) ne sont pas réelles, même si elles furent réelles dans le passé.
Il nous faudra manifestement faire des hypothèses concernant le concept de réel si nous voulons pouvoir discuter le point de vue de l’ « homme de la rue ». Voici celles que je ferai [...]
Ici, l'intégralité en .pdf.
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12.10.2010
Arte mira mortalium temperat horas
« [S]oi disant pour quelques minutes, de fait pour l’éternité. » (Echenoz)

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Une Remarque au sujet de la Relation entre la Théorie de la Relativité et la Philosophie Idéaliste
Par Kurt Gödel
L’un des aspects les plus intéressants de la théorie de la relativité pour les esprits philosophiques consiste en ce qu’elle a apporté des idées nouvelles et surprenantes sur la nature du temps, cet être mystérieux et apparemment auto-contradictoire qui, par ailleurs, paraît former le fondement de notre existence et de celle du monde. Le point de départ même de la théorie de la relativité restreinte consiste dans la découverte d’une nouvelle propriété du temps très étonnante, à savoir la relativité de la simultanéité, qui dans une large mesure implique celle de la succession. L’affirmation selon laquelle les événements A et B sont simultanés (et, pour une large classe de paires d’événements, également l’affirmation selon laquelle A se produit avant B) perd son sens objectif, pour autant qu’un autre observateur, avec la même prétention à l’exactitude, peut affirmer que A et B ne sont pas simultanés (ou que B s’est produit avant A).
En suivant dans ses conséquences cette étrange situation, l’on est conduit à des conclusions relatives à la nature du temps qui s’avèrent en effet d’une grande profondeur. En résumé, il semble que l’on obtienne une preuve sans équivoque de la thèse de ces philosophes qui, tels Parménide, Kant, et les idéalistes modernes, nient l’objectivité du changement et considèrent celui-ci comme étant une illusion ou une apparence due à notre mode de perception spécifique . L’argument procède ainsi : le changement n’est possible que par le biais du passage du temps. L’existence d’un passage objectif du temps, toutefois, signifie (ou, du moins, est équivalent au fait) que la réalité consiste en une infinité de couches de « maintenant » qui viennent successivement à l’existence. Mais, si la simultanéité est quelque chose de relatif au sens que l’on vient d’expliquer, la réalité ne peut pas être séparée en de telles couches d’une manière objectivement déterminée. Chaque observateur a son propre ensemble de « maintenant », et aucun de ces différents systèmes de couches ne peut prétendre représenter le passage objectif du temps.
Cette inférence n'a été remarquée que par quelques très rares philosophes, mais elle n'en a pas moins été remise en question [...]
L'intégralité, ici, en .pdf.
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10.10.2010
Tempus regit actum
« Le temps est le moyen par lequel Dieu a réalisé l'inconcevable que p et non-p soient tous deux vrais, et l'inconcevabilité du temps est l'expression de ce que cette merveille dépasse notre force de compréhension. » (Gödel)

« [P]our tuer le temps il relut tous ses papiers d'identité. » (Echenoz)
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