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16/01/2005

Nevertheless Empire

En voici un photogramme exclusif :

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J'ai pu voir récemment (malheureusement pas encore sur grand écran) la première version de ce court-métrage exceptionnel.



Donc, Nevertheless Empire a été tourné l'année dernière à Berlin-Est et a été réalisé par deux jeunes cinéastes extrêmement prometteuses : Clémentine Duzer et Laura Gozlan.



Ce film, très dense, est époustouflant, le cadre et la composition de l'image, parfaits. D'un style profondément original, on y perçoit les influences maîtrisées de Murnau, Lang, Buñuel ou Tarkovski. Quant au scénario, diaboliquement cohérent et subtilement littéraire, il a le souffle et la puissance implacables d'une tragédie antique alliée aux sautes d'humour des surréalistes. Entre la science-fiction cyberpunk et les rêveries des pessimistes de l'aire viennoise et germanique, celui-ci évoque entre autres d'étranges créatures, sortes d'animaux-golems asservis chirurgicalement à la technique.



Ce film devrait sans nul doute être présent dans les divers festivals de court-métrage dès que la post-production sera totalement terminée.



On attend donc avec impatience et les projections publiques de Nevertheless Empire et leur premier long métrage. Les producteurs, espérons-le, seront séduits par leur style baroque et brillant qui nous change des réalisations françaises actuelles, souvent nombrilistes, boboïdes et, c'est le moins qu'on puisse dire, esthétiquement inabouties.



Enfin du cinéma !

 

 

 

15/01/2005

Titan



« On se croirait sur Mars... mais la couleur est certainement très différente. »

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« Nous pensons qu'il ne s'agit probablement pas de roches contenant des silicates. »
« Elles évoquent des zones qui ont été inondées ou qui le sont actuellement. »
« Nous pouvons dire que nous avons enregistré cet après-midi un succès scientifique. »




« Ici des soleils seuls comblent le cercle,
Et, voile tissé des rayons de la lumière première,
Leur éclat s'étend par tout le ciel. Nul obscur globe
N'approche du regard destructeur du ciel. Fugitive et lointaine

Passe la Nature ennuagée. Là s'enfuient les Terres,
Petites, imperceptibles, comme, sous le pied du voyageur,
L'infime poussière, vermineuse, s'élève et retombe.
Par tout le ciel, il y a mille chemins ouverts,
Longs chemins, à perte de vue, environnés de soleils. »

Klopstock, La Messiade, chant I.

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13/01/2005

Mouvement

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Il faut, définitivement, vivre sa vie comme court un cheval. Pourquoi ? Parce qu' « il ne suffit pas de se plaindre ou de se féliciter de l'invasion de la pensée par l'audio-visuel ; il faut montrer comment la pensée opère avec les signes optiques et sonores de l'image-mouvement, et aussi d'une image-temps plus profonde, pour produire parfois de grandes oeuvres » (Gilles Deleuze).

 

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Ceci n'est pas un cheval, évidemment. C'est une oeuvre et elle n'est pas en mouvement.

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Trêve de billevesées. Ce film opère une présentation directe du temps qui lui, ne se meut pas. C'est bien plutôt un cheval fou, celui, si l'on veut, de l'extrême fin du film Saint-Cyr. Ce Resnais qui « opère une présentation directe du temps » (Anaximandrake) est en outre un chef-d'oeuvre absolu et méconnu, sorti lors des événements de 1968. Je me demande si Charlie Kauffmann à qui j'avais laissé le bénéfice du doute pour Adaptation (qui semblait tout de même s'être inspiré de Providence) ne commence pas à plagier véritablement et durablement Resnais. La scène récurrente de la plage de Eternal sunshine of the spotless mind est-elle un "hommage" à la minute de l'an passé (l'année dernière à la plage...) de Je t'aime je t'aime ? Je précise que ceci n'a bien entendu aucune importance sauf à dédoubler, à dupliquer davantage. Et ceci est crucial pour saisir le film.

 

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Eternal sunshine of the spotless mind
 
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Je t'aime je t'aime
 

Il ne s'agit pas ici de la minute de l'an dernier mais de la pénétration réciproque de deux présents et de deux passés.

Quel temps ? Quel temps ?

JE T'AIME JE T'AIME

 

NB :

Pour une présentation de l'Eternel retour nietzschéen (pas du Même mais du Différent afin qu'il advienne un "Revenir"), lire les classiques de Deleuze:

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Nietzsche et la Philosophie

 

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Différence et Répétition

 

 

 

Considérer le temps comme un flux est insuffisant : « ça aussi c'est un effet de la T5 ».