30/04/2005
Antiphonaire (intermède)
Socrate affirme que la démocratie est la dictature de l'ignorance. Il est clair que ceci n'implique pas que l'oligarchie soit l'anarchie du savoir, ni d'ailleurs le contraire. Toute véridiction suppose une nomothétie, et toute logique une dialectique, cette science des hommes libres. C'est pourquoi Nietzsche asserte que :
1. La vérité est une créature bonasse aimant ses aises.
2. Par-delà Bien et Mal ne signifie pas par-delà le bon et le mauvais.

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Life is timeless
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Elegance and decadence
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(Kraftwerk)
00:20 | Lien permanent | Commentaires (0)
29/04/2005
Badiouserie

Badiou, Deleuze. La clameur de l'être :
« Deleuze m'a écrit un jour, en lettres majuscules : "immanence = univocité". Mais de quoi s'agit-il ? Il s’agit que l’impropriété de l’être ne soit rien d’autre que la défection des propriétés par leur virtualisation ; et qu’inversement les propriétés de l’étant ne soient rien d’autre que le simulacre terminal de leur actualisation. Alors, l’être est dépropriation du propre de la propriété, mais aussi appropriation de sa propre impropriété. L’être ainsi est-il le mouvement neutre du Tout, tel qu’en lui-même advient le partage des étants selon l’impartageable, ou l’indiscernable, du mouvement qui les disjoint. »
PS :
A propos de la philosophie de Badiou, on peut lire le brillant texte de Béotien, intitulé Au Château de la pureté.
11:45 | Lien permanent | Commentaires (0)
28/04/2005
Tertium datur

La reductio ad absurdum est un mode de démonstration classique, déjà présent dans les Eléments d'Euclide.
Il consiste en ceci : si l'on veut prouver la fausseté d'une proposition, on montre que la supposer vraie entraîne contradiction. Ce qui peut s'écrire : non(non(P)) => P.
Néanmoins, ce raisonnement implique l'équivalence entre nier deux fois et affirmer. Outre l'opposition des nietzschéens, ce mode de pensée rencontre également celle des disciples de Kronecker, Poincaré, Brouwer et Heyting, c'est-à-dire celle des intuitionnistes. Pour eux, un théorème d'existence doit être démontré par une construction explicite, ce que le raisonnement par l'absurde ne fait pas. La disjonction entre "vrai" et "démontrable", chère aux platoniciens, est balayée.
Ainsi, l'une des conséquences marquantes de cette doctrine est-elle la remise en cause du principe du tiers-exclu qui, pour Aristote, découlait naturellement de celui de non contradiction. Le principe du tiers-exclu édicte en effet que si une proposition P n'est pas vraie, elle est fausse et inversement : tertium non datur.
Y aurait-il alors une troisième valeur de vérité, quelque chose qui ne serait ni vrai ni faux ? Oui, il existe l'indécidable et l'intuitionniste refuse l'axiome du choix, non constructif.
16:00 | Lien permanent | Commentaires (0)
26/04/2005
La nature du lieu

Dans la Critique de la raison pure, Kant expose les errances de la raison lorsqu'elle tente de dépasser les bornes de l'expérience. S'ensuivent ce qu'il nomme les antinomies de la raison pure. Tel est par exemple le premier conflit des idées transcendantales :
Thèse : Le monde a un commencement dans le temps et il est aussi limité dans l'espace.
Antithèse : Le monde n'a ni commencement dans le temps, ni limite dans l'espace, mais il est infini aussi bien dans le temps que dans l'espace.
Pour Kant, ce dilemme est indécidable. Cependant, si l'on prend au sérieux les mathématiques ou plus exactement la théorie des ensembles, les choses changent. Selon cette dernière en effet, l'auto-appartenance est prohibée, un ensemble ne peut appartenir à lui-même. Corollaire : il n'y a pas d'ensemble de tous les ensembles. Le monde n'est pas clos ; le Tout n'existe pas. Ce qui se dit aussi : "l'étant en totalité" est un non-sens. Donc, si à la manière d'un Badiou l'on pose que mathématiques et ontologie sont réciprocables (ce qui est une thèse non sur l'être mais sur le discours), alors c'est en faveur de l'antithèse qu'il faut trancher. C'est-à-dire : le monde n'a ni commencement dans le temps, ni limite dans l'espace, mais il est infini aussi bien dans le temps que dans l'espace.
Ou, comme le dit Lucrèce :
« Telle est donc la nature du lieu, du gigantesque espace :
S'ils glissaient pour toujours entraînés par le temps,
Les éclairs n'en verraient jamais la distance réduite,
Tout l'énorme réservoir des choses est ouvert
En toutes directions. »
19:15 | Lien permanent | Commentaires (0)



