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26/06/2005

Hercule sans emploi

Villiers de L’Isle-Adam, à propos du comte Maximilien de W... : « Abandonné par sa maîtresse qui le croit dépourvu de sensibilité, il ne semble aucunement affecté, écrit quelques vers, se lime les ongles puis, très posément, se suicide. »

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« Il n'est guère de résidu dans cette économie dont la concaténation ne crée que pour des besoins inscrits dans le dessin d'une spirale, spirale car ce sont ici des circularités qui ne clôturent pas - religieusement -, mais renforcent la dynamique de l'écriture en la relançant et en l'orientant. Besoin de créer et besoins créés, mais qui se compensent par système. La ponction est alors une captation qui reconstruit encore de nouveaux réseaux d'échange selon une mathématique irréfragable. Constitution qui est sans cesse la mise en cause du texte archétypique. Souveraineté obstinée, tragique. Précision. Terrorisme dandy. » (Salvy)

25/06/2005

Nomadisme

« Alors que le migrant quitte un milieu devenu amorphe ou ingrat, le nomade est celui qui ne part pas, ne veut pas partir, s’accroche à cet espace lisse où la forêt recule, où la steppe ou le désert croissent, et invente le nomadisme comme réponse à ce défi. Bien sûr, le nomade bouge, mais il est assis, il n’est jamais assis que quand il bouge (le Bédouin au galop, à genoux sur la selle, assis sur la plante de ses pieds retournés, "prouesse d’équilibre"). Le nomade sait attendre, et a une patience infinie. » (Deleuze)

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« Les Fremen avaient au degré suprême cette qualité que les anciens appelaient le "spannungsbogen" et qui est délai que l'on s'impose à soi-même entre le désir que l'on éprouve pour une chose et le geste que l'on fait pour se l'approprier. (Extrait de La Sagesse de Muad'Dib, par la Princesse Irulan)
[...]
Les mains bougent, les lèvres bougent.
Les idées surgissent de ses paroles,
Et son regard est dévorant !
Il est une île sur lui seul close.
(Description extraite du Manuel de Muad'Dib, par la Princesse Irulan)
[...]
Le mysticisme apparaît facilement lorsque chaque seconde de vie est gagnée en luttant. [...] Avec une telle tradition, la souffrance est acceptée, peut-être comme un châtiment inconscient, mais acceptée tout de même. Et il faut noter que les rites fremen libèrent presque complètement des sentiments de culpabilité. » (Herbert)

23/06/2005

Echec !

« J'ai réussi là où le paranoïaque échoue. » (Freud)

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La mania, le délire, l’irrépressible concaténation signifiante est liée à l’animalité : un animal, me disait une jeune femme qui s'y connaît, ne fait jamais rien au hasard. Or, décrète Lacan, « l’inconscient relève du logique pur». Que ce dernier définisse le réel comme l’impossible, revient à poser, dans l’absolu, la névrose comme état indépassable. D’où : la « voie spinoziste » s'avère pour lui impraticable, ce qu'il a d'ailleurs déclaré lui-même.

Reconnaître l’instance lacanienne de l’Autre, c’est, paradoxalement, méconnaître l’instance du symbolique. Poser l’Autre en tant qu’horizon (la voie spinoziste étant fermée) c’est faire de la castration un indépassable, un transcendant. Mais l’instance de l’Autre n’est qu’une projection de l’imaginaire sur le symbolique. Ceci nous amène donc à poser que le Moi ne provient que du Surmoi (en tant qu’effet d’un certain type de Socius). Certes, "quelque chose", dans le symbolique, doit structurer le Ça ; mais le Surmoi le pétrifie c’est-à-dire produit du Moi. Il est donc nécessaire qu’advienne, pour résoudre ce problème, une autre organisation de Socius. En effet, la castration, liée à la croyance imaginaire à l’Autre (incastrable), provoque la séparation d'avec les zones les plus hautes des intensités.

Car le savoir du psychanalyste est un savoir de pathologiste, pas d'éthicien. Une éthique de la psychanalyse ? Peut-être. Mais pas une éthique véritable et universelle comme science expérimentale. En ce sens Lacan est bien médecin(-psychiatre) même s’il ne « guérit » pas vraiment (ce serait la voie spinoziste) mais étudie, par pulsion scopique, les pathologies. Perversion. En effet, la psychanalyse est elle-même une pathologie (on le sait depuis Karl Kraus) : c’est la pathologie des pathologies. Et c'est en ceci qu’il est intéressant de l’étudier pour en tirer une physiologie. Car il existe de nombreux avantages à connaître le positif d’une structure, telle que l’obsessionnalité ou l’hystérie par exemple. On peut les utiliser, mais il est nécessaire de changer de « masque », de n’y pas rester confiné.

Oui, et au contraire, l’inconscient peut s’interpréter comme la distance, l’espace, entre le lieu (tout ceci implique une tout autre topologie que la rustre de Lacan) du S (point de convergence, pétrification mortuaire) et le « point » du faisceau de conscience. Folie que d’être trop proche, trop longtemps, du lieu du S. Idiotie, bêtise que d’en être trop éloigné.

 

 

22/06/2005

Thespis (souvenir de thèse)

« Aussi paradoxal que cela puisse paraître, il y a un chemin à parcourir et il faut le parcourir, mais il n'y a pas de voyageur. Des actes sont accomplis, mais il n'y a pas d'acteur. » (Sattipathana-Sutta, XLII, 16)

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Ecoutons Sophie Kowalevsky à propos des mathématiques :
« Il n'y a pas de paroles pour rendre la douceur de sentir qu'il existe tout un monde d'où le Moi est complètement absent. »

21/06/2005

L'effet du néant

« L'abstenir pour jouir, c'est l'épicurisme de la raison. » (Rousseau)

20/06/2005

Fondations

A l'âme errante qui se reconnaîtra.


« 473. Où l'on doit construire sa maison.

[...] Douceur puissante comme celle d'un père : - là où cette sensation s'empare de toi, fonde ta maison, que ce soit dans le tumulte ou le silence. Ubi pater sum, ibi patria. »

(Nietzsche, Aurore)