19/03/2006
Decedere de via
« [D]ernier éclat d'héroïsme dans les décadences [...] le dandysme confine au spiritualisme et au stoïcisme. [...] Le dandysme est une institution vague, aussi bizarre que le duel ; très ancienne, puisque César, Catilina, Alcibiade nous fournissent des types éclatants ; très générale, puisque Chateaubriand l'a trouvée dans les forêts et au bord des lacs du Nouveau-Monde. » (Baudelaire)

Le Soi est constitué lorsque le filtre codant extérieur est dissout, le langage dominé et que chaque point du territoire de l'inconscient est atteignable à la manière d’un espace riemannien. Dans le champ de cet inconscient libéré, le moi, en tant que point de compression informationnel, se transforme continûment telle une différentielle inobjectivable. Il s'avère et coupe de la mémoire et code des perspectives de chacun des points de vue intensifs de l’inconscient à tel instant. Quant au noûs, il est l’instance qui, à partir d’un point n quelconque du moi, fractalise l’inconscient, afin de faire coïncider le moi n+1 avec un point intensif de puissance supérieure adéquat au moi indexé n. Le moi est donc, entre autres, l’ensemble inorienté des émotions pures, c'est-à-dire, presque, le présent lui-même.
Au cours de la menée de l’empirisme, supérieur, radical ou transcendantal, il peut cependant y avoir butée. En effet, même si le chemin est ainsi balisé, il diffère nettement du processus scientifique d’accumulation enté à de grands paradigmes. En philosophie, rien n'est fait tant que les concepts ne sont pas ré-engendrés dans la pensée. En science, la mémoire du chemin n'est pas nécessaire ; un sujet standard, un Socius stable quasi quelconque et une compression théorématique suffisent.
Mais, il n'y a que le Soi qui puisse être souverain. Le sujet ne saurait l'être puisque constitué par une soumission. Oui, le sujet est ce qui choit lors du processus mental de la conscience réflexive. Au contraire et en ce sens, la conscience thétique se produit lorsqu'il n’y a plus de Moi mais la puissance impersonnelle, singularisée. Le désir et sa satisfaction n’ont donc rien à voir avec le narcissisme car le désir est premier tandis que le Moi n'est que second, c'est-à-dire social.
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18/03/2006
Ad coetum geniti sumus
« Il y a une science qui étudie l’être en tant qu’être et ses attributs essentiels. » (Aristote, Métaphysique, G, 1, 1003 a 21)

« Deux étants sont là, dans le monde, selon une connexion nécessaire de leur apparition. » (Badiou, Logiques des mondes, p. 136)
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17/03/2006
Badiou II
Le deuxième tome de l'Être et l'événement (1988), intitulé Logiques des mondes, vient (enfin) de paraître.
En voici quelques lignes :
« Aujourd'hui, la croyance naturelle se concentre en un seul énoncé que voici :
Il n'y a que des corps et des langages.
Disons que cet énoncé est l'axiome de la conviction contemporaine, et proposons de nommer cette conviction le matérialisme démocratique.
[...]
Cependant, le matérialisme démocratique admet un point d'arrêt global à sa tolérance multiforme. Un langage qui ne reconnaît pas l'universelle égalité juridique et normative des langages ne mérite pas de bénéficier de cette égalité. D'un langage qui prétend normer tous les autres et régir tous les corps, on dira qu'il est dictatorial et totalitaire. C'est alors, non de la tolérance qu'il relève, mais du "devoir d'ingérence", légal, international, militaire s'il le faut : on fera payer aux corps leurs écarts de langage.
[...]
L'histoire d'un monde n'est que la figure temporelle de l'universalité de son exposition. Elle est en dernière instance le dépli de sa surabondance d'être. L'inaccessibilité infinie du support d'être d'un monde donne lieu à l'exposition universelle des relations et donc à la complétude logique de ce monde.
[...]
On me dit parfois que je ne vois dans la philosophie qu'un moyen de rétablir, contre l'apologie contemporaine de l'ordinaire et du futile, les droits de l'héroïsme. Pourquoi pas ? Cependant, l'héroïsme ancien prétend justifier la vie par le sacrifice. Mon voeu est de le faire exister par la joie affirmative que procure universellement le suivi des conséquences. Disons qu'à l'héroïsme épique de qui donne sa vie, succède l'héroïsme mathématique de qui la crée point par point.
[...]
L'animal désabusé dont la marchandise est l'unique repère, nous ne serons livrés à sa forme que si nous y consentons. Mais de ce consentement nous protège l'Idée, arcane du présent pur. » (Badiou)
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16/03/2006
Consensus omnium
« Puisque constitution et gouvernement signifient la même chose, et qu'un gouvernement c'est ce qui est souverain dans les cités, il est nécessaire que soit souverain soit un seul individu, soit un petit nombre, soit un grand nombre de gens. Quand cet individu, ce petit ou ce grand nombre gouvernent en vue de l'avantage commun, nécessairement ces constitutions sont droites, mais quand c'est en vue de l'avantage propre de cet individu, de ce petit ou de ce grand nombre, ce sont des déviations. » (Aristote)

« Le premier principe de l’économie est que chaque agent agit uniquement en fonction de son intérêt personnel. On peut présenter les mécanismes de ce principe de deux façons, selon que l’agent agit sans ou avec le consentement de ceux qu’affectent ses actions. En un sens plus large, le premier type d’action peut être appelé la guerre ; le second, le contrat. » (Edgeworth)
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15/03/2006
Forma dat esse rei

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