26/03/2006
Sursum corda

Prima facie, la foi semble un ensemble incohérent ou non d’illusions. Mais ce n'est vrai que de la superstition qui est à la fois cause et effet de l'adultération du symbolique.
Il est en effet possible de définir la superstition comme l’établissement de routines, au sens informatique, inconscientes et douées d’efficacité pragmatique. Néanmoins, celles-ci ne sont ni reliées entre elles logiquement ni, a fortiori, axiomatisées. Leurs relations, en fait, ne sont que sémantiques. En effet, il s’agit de procédures imagées n’atteignant pas l’inconscient « profond » c’est-à-dire celui du logique pur.
Oui, l’émotion ne surgit qu'à partir d’un certain niveau de complexité, et en tant que manifestation de grandes chaînes signifiantes, trop longues pour être suivies pas à pas par la conscience, c'est-à-dire reproduites dans l'imagination. Non concaténées ni unifiées par l'inconscient, elles s'autonomisent et produisent un "bruit", une sorte de parasitage informationnel qui induit sporadiquement quelque pseudo-sujet, doublure mécanique et chaotique de l'individu obsédé.
Ultimement donc, puisque persona, le fou serait celui qui n'a pas de foi. Malgré tout phénoménologiquement un, ne serait-ce que relativement à l'étendue, il serait plus exactement un relaps continué, un insurgé abjurant toute foi, y compris en lui-même, c'est-à-dire sauf la foi en ses geôliers, en son Geôlier.
Au contraire, la vraie foi est adéquate à la raison. Car, tout comme le mot est, par l'une de ses faces, présence de la chose dans le langage, la foi est la présence de l'essence dans l'existence, de l'éternité dans le temps. Oui, elle est présence à soi de la puissance, c'est-à-dire actualité de la manifestation souveraine de son conatus.
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25/03/2006
Animae dimidium meae
« Le goût est la qualité fondamentale qui résume toutes les autres qualités. C’est le nec plus ultra de l’intelligence. Ce n’est que par lui que le génie est la santé suprême et l’équilibre de toutes les facultés. » (Lautréamont)

« [C]e dandy banal et discret, génie absolu que rien ne destinait à sortir de l’austère et hautain anonymat où le maintenait la plus haute exigence de l’esprit. » (Valéry)
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24/03/2006
Per accusationem
« Descartes ne donnait pas trop audience au souvenir de ses rêves [...]; il les laissait dans les limbes du réveil, où ils prennent naissance; il se gardait de leur donner forme et corps par mimique et incantation selon la méthode des convulsionnaires. » (Alain)

« Celui qui dit que deux et deux font quatre, a-t-il une connaissance de plus que celui qui se contenterait de dire que deux et deux font deux et deux ? » (d’Alembert)
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23/03/2006
Propria virtute
« Cet idéalisme subjectif ne pouvait tout de même pas aller jusqu’à croire que le Moi pose les choses extérieures librement et volontairement, car il y a trop de choses extérieures que le Moi voudrait autres, si l’être extérieur dépendait de lui.» (Schelling)

« Grâce à elle [la logique], votre pensée deviendra nette et précise ; vous pourrez comprendre clairement tout problème ; vous vous habituerez à organiser vos idées avec méthode et d'une façon toujours accessible, et, par dessus tout, vous pourrez déceler tous les sophismes, réduire en poudre tous ces raisonnements spécieux et sans valeur que l'on rencontre si fréquemment dans les livres, dans les journaux, dans les discours et même dans les sermons, et qui trompent si facilement quiconque n'a pas pris la peine d'apprendre cet art passionnant.» (Carroll)
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22/03/2006
Cingitur inutile ferrum
« Même quand l'être disparaît sans laisser de traces, l'avoir-été laisse une trace pneumatique et impalpable, plus impondérable que la tangence la plus légère. » (Jankélévitch)

« Ce qu’il a oublié ne l’oublie pas. C’est cela l’hypothèse de l’inconscient : la terre d’où il a émigré colle à jamais à ses semelles. » (Lacan)
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